Réglementation drone : le point complet à mi-2026
Ce qui change au 1er janvier 2026 : les scénarios nationaux S1, S2 et S3 disparaissent. Le règlement européen UE 2019/947 devient l’unique cadre de référence — catégories Ouverte, Spécifique et Certifiée, scénarios standards STS-01 et STS-02, examen théorique CATS passé auprès de la DGAC. Si vos documents d’exploitant datent d’avant, ils décrivent un monde qui n’existe plus.
« Mon attestation, elle vaut encore quelque chose ? » Cette question ouvre presque toutes nos sessions depuis des mois. Elle mérite mieux qu’un oui ou un non. Parce que 2026 ne supprime pas trois sigles : cette échéance change la façon dont vous montez un dossier, choisissez une machine et préparez une mission.
S1, S2, S3 : trois réflexes à désinstaller
Pendant des années, chaque vol professionnel en France se rangeait dans une case : S1, S2 ou S3. Depuis le 1er janvier 2026, ces cases n’existent plus. Les opérations professionnelles relèvent du cadre européen, point.
Le piège n’est pas votre pilotage. Vos réflexes de sécurité, votre lecture du terrain, vos checklists restent valables. Le piège, ce sont vos papiers. Un dossier d’exploitant construit autour des scénarios nationaux raconte une histoire que la DGAC ne lit plus. Pour resituer l’ensemble du cadre, notre guide de la réglementation drone en France pose le décor complet.
Trois catégories, une seule qui fait vivre votre activité
Le règlement UE 2019/947 ne raisonne ni par métier ni par machine : il classe chaque vol selon le risque qu’il fait courir aux personnes au sol. Trois catégories sur le papier. Une seule question pour vous : où tombent les missions qu’on vous paie ?
| Catégorie | Ce que ça couvre | Exemple de mission facturable |
|---|---|---|
| Ouverte | Vols à faible risque — sous-catégories A1, A2, A3 | Prises de vue d’un corps de ferme isolé, repérage d’une parcelle sans tiers au sol |
| Spécifique | Le cœur des missions professionnelles : scénarios standards STS, PDRA ou étude SORA | Inspection de façade en centre-ville, orthophoto de chantier, thermographie de toiture en zone habitée |
| Certifiée | Opérations à haut risque, exigences proches de l’aviation habitée | Transport de personnes ou de marchandises dangereuses — très loin du quotidien d’un télépilote indépendant |
Lisez la colonne de droite : dès qu’il y a des tiers, du bâti ou un chantier — bref, dès que ça se facture —, vous êtes en catégorie Spécifique. C’est là que 2026 se joue.
STS-01 ou STS-02 : raisonnez mission, pas sigle
STS-01 : le vol en vue, même en ville
Le STS-01 couvre le vol en vue (VLOS) avec un drone de classe C5, y compris en environnement peuplé. Traduction terrain : l’inspection de toiture en centre-ville, le suivi de chantier entre deux immeubles, le plan serré pour un film d’entreprise. Si vos clients sont des entreprises du bâtiment ou des agences, c’est votre scénario.
STS-02 : le vol hors vue
Le STS-02 encadre le vol hors vue (BVLOS) avec un drone de classe C6, sous conditions. C’est lui qui déverrouille les missions où la machine disparaît derrière la ligne d’arbres : lignes électriques, voies ferrées, canalisations, grandes emprises agricoles ou industrielles à cartographier. Des chantiers qu’aucun vol en vue ne couvre en une journée — et un dossier plus exigeant, ce qui explique que moins de monde s’y presse.
Hors scénarios standards, deux voies subsistent : le PDRA (scénario de risque prédéfini) et l’étude SORA (analyse de risque au cas par cas). Réservez-les aux opérations qui sortent réellement du cadre STS. Monter une SORA pour une mission qui tient dans le STS-01, c’est se fabriquer des semaines de dossier pour rien.
Le CATS : personne ne le passera à votre place
Le CATS est le certificat théorique de la catégorie Spécifique. L’épreuve : un QCM de 40 questions, 1 heure, 75 % de bonnes réponses exigées. Elle se passe auprès de la DGAC, après inscription sur le portail OCEANE.
Deux conseils qu’on répète en salle. Un : créez votre compte OCEANE dès le début de votre préparation, pas la veille de la date visée. L’inscription à l’examen relève de vous, pas de votre organisme de formation, et c’est la démarche qu’on voit le plus souvent traitée au dernier moment. Deux : fuyez toute offre qui présente l’examen comme « inclus » dans une formation. C’est impossible — l’épreuve se déroule toujours auprès de la DGAC. Une formation sérieuse vous y prépare, notre préparation au CATS est construite pour ça, mais elle ne vous le vend pas.
L’erreur classique : le MANEX fantôme
Scénario classique : un exploitant reprend ses vols en 2026, drone prêt, client signé. Son manuel d’exploitation, lui, a été rédigé sous l’ancien régime, procédures calées sur les scénarios nationaux. Sur le papier, tout semble en ordre. En réalité, son document de référence décrit un cadre réglementaire qui a cessé d’exister.
Le test prend trente secondes : ouvrez votre MANEX et cherchez « S1 », « S2 », « S3 » ou « scénario national ». Si l’un de ces termes structure encore vos procédures, votre manuel est périmé. Le MANEX reste obligatoire en catégorie Spécifique, mais il doit refléter le cadre dans lequel vous opérez réellement. Notre guide du MANEX drone détaille ce qu’il doit contenir.
Trois réflexes de terrain pour 2026
- Vérifiez les zones géographiques UAS deux fois. La veille pour préparer la mission, le matin même avant de décoller : des restrictions temporaires apparaissent. Le survol d’une zone interdite relève du pénal (article L.6232-4 du code des transports). Aucun client ne vaut ce risque.
- Retournez votre drone. Cherchez le marquage de classe. Pas d’étiquette C5, pas de STS-01 ; pas de C6, pas de STS-02. Faites cette vérification avant d’accepter une mission, pas sur le parking du chantier.
- Passez dix minutes sur AlphaTango. Le portail DGAC d’enregistrement des exploitants et des drones doit refléter votre situation réelle : enregistrement d’exploitant à jour, machines correctement déclarées. En cas de contrôle, c’est la première pièce qu’on vous demandera.
Ce qu’on regarde quand vous arrivez avec un dossier S1
Quand un télépilote formé sous l’ancien régime nous appelle, on ne lui demande pas son attestation en premier. On regarde trois choses, toujours dans le même ordre : vos heures de vol réelles, l’état de votre MANEX, la classe de votre machine. C’est ce trio qui dessine la marche à franchir — pas l’année inscrite sur votre papier.
De ce diagnostic sortent deux parcours. Vous pilotez déjà : 5 jours (35 h) pour caler la théorie CATS et la pratique en scénario standard. Vous partez de zéro : 10 jours (70 h). Le catalogue des formations drone assemble le reste autour de ce socle — préparation au CATS, pratique en scénario standard, spécialisations métier — et toujours dans ce sens : le parcours se construit sur le diagnostic, pas l’inverse.
Ce diagnostic, on le pose depuis 2014, pour plus de 1 600 clients professionnels et plus de 500 entreprises. Il se termine souvent sur le terrain : notre campus de Marcq, dans les Yvelines, aligne 800 m² de vol indoor — la remise à niveau n’attend pas la météo — et 2 hectares pour dérouler les scénarios en conditions réelles. Le centre est certifié Qualiopi, nos évaluations affichent 95 % de réponses positives sur 8 661 réponses d’évaluation (2017-2026), et TELEPILOTE est aussi organisme certificateur : les certifications RS6765 (BTP et génie civil) et RS6766 (média et communication) sont enregistrées au Répertoire Spécifique de France Compétences et éligibles au CPF — un point qui pèse quand la remise à niveau doit aussi se financer.
Vous mettez une équipe en conformité plutôt qu’un seul pilote ? Demandez un devis en précisant d’emblée les classes de vos machines : vous économiserez un aller-retour.
Les questions qu’on entend vraiment en formation
J’ai été formé sous les scénarios S1/S3, je dois tout recommencer ?
Votre expérience de vol, non : elle reste votre meilleur capital, et elle vous ouvre le format court de 5 jours (35 h). Votre cadre d’exercice, oui : les scénarios nationaux ont disparu au 1er janvier 2026. Opérer en scénario standard européen suppose la référence théorique CATS, passée auprès de la DGAC, et une pratique adaptée au STS visé.
Mon drone actuel peut-il encore voler ?
Tout dépend de la mission. Le STS-01 exige un drone de classe C5, le STS-02 une classe C6. Vérifiez le marquage de classe sur votre machine avant de bâtir une offre commerciale autour d’elle : c’est la classe, pas le prix d’achat, qui décide des scénarios accessibles.
L’examen CATS est-il compris dans la formation ?
Non, jamais — chez nous comme ailleurs. Une formation vous prépare à l’épreuve, mais l’examen se passe auprès de la DGAC, après inscription sur OCEANE. Une offre qui promet un examen « inclus » décrit quelque chose qui n’existe pas : prenez-le comme un signal sur le sérieux de l’ensemble.
2026 n’est pas une contrainte de plus, c’est une clarification : un socle commun européen, des scénarios lisibles, un seul examen théorique de référence. Ceux qui mettent leurs documents, leur machine et leur théorie en cohérence maintenant voleront tranquilles pendant des années. Les autres découvriront le problème le jour où un client — ou un contrôle — leur demandera leurs papiers.
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