SORA drone : maîtriser l’analyse de risque en catégorie SPECIFIC
La SORA (Specific Operations Risk Assessment) est la méthode d’analyse de risque imposée par le règlement UE 2019/947 pour autoriser une opération drone en catégorie SPECIFIC hors scénario standard. Depuis le 29 septembre 2025, c’est la version 2.5 qui s’applique : elle croise un risque au sol (GRC) et un risque aérien (ARC) pour fixer un niveau de robustesse SAIL, noté de I à VI.
Quand la SORA devient obligatoire
La catégorie SPECIFIC couvre toutes les opérations trop risquées pour la catégorie OPEN mais non soumises au régime CERTIFIED. Trois voies existent pour obtenir une autorisation d’exploitation auprès de la DGAC :
- Les scénarios standards STS-01 (vol en vue directe, jusqu’à 120 m en agglomération) et STS-02 (vol hors vue, en zone peu peuplée) : pas de SORA complète à fournir, une simple déclaration suffit.
- Les PDRA (Predefined Risk Assessment) : des analyses prédéfinies publiées par l’EASA pour des opérations types.
- La SORA complète : obligatoire dès que votre mission sort du cadre des STS et des PDRA — par exemple un vol hors vue au-dessus d’une zone industrielle peuplée, ou une inspection longue distance.
Identifier la bonne voie est la première compétence d’un exploitant. Avant de monter un dossier, vérifiez aussi votre enregistrement exploitant sur AlphaTango et la classe de votre aéronef (C0 à C6).
Les étapes clés de la méthode SORA 2.5
La SORA suit une séquence logique en plusieurs paliers. Voici la logique à maîtriser :
- GRC (Ground Risk Class) : le risque au sol. La version 2.5 le calcule à partir de données objectives de densité de population (cartographie jour/nuit) et de la dimension critique du drone.
- Mesures d’atténuation (M1 à M3) : réduire la zone survolée, prévoir un dispositif limitant l’impact au sol, ou un plan d’urgence pour abaisser le GRC final.
- ARC (Air Risk Class) : le risque de collision en vol, selon l’espace aérien (proximité d’aérodromes, altitude, zones non ségréguées).
- SAIL : le croisement GRC final × ARC produit un Specific Assurance and Integrity Level de I à VI, qui détermine le niveau d’exigence global.
- OSO (Operational Safety Objectives) : à chaque SAIL correspond une liste d’objectifs de sécurité, à démontrer avec un niveau de robustesse faible, moyen ou élevé.
Construire un dossier d’autorisation solide
Une SORA n’est pas qu’un calcul : c’est un dossier que la DGAC doit pouvoir auditer. Les pièces attendues incluent le ConOps (concept d’opération décrivant précisément la mission), la justification de chaque atténuation, le manuel d’exploitation (MANEX) et les procédures d’urgence. Plus le SAIL est élevé, plus la robustesse documentaire et technique exigée est forte. Une erreur fréquente consiste à sous-estimer le GRC en oubliant les zones de rassemblement de personnes à proximité du vol. Pour formaliser ces procédures, beaucoup d’exploitants s’appuient sur un accompagnement à la rédaction du MANEX et sur une montée en compétence structurée en réglementation drone professionnelle.
Se former pour piloter en SPECIFIC
Maîtriser la SORA suppose deux socles : la théorie réglementaire validée par l’examen d’État CATS (≈40 QCM, 1h, note ≥ 75 %, obligatoire depuis 2026 pour la catégorie SPECIFIC), et une compétence métier opérationnelle. TELEPILOTE, organisme reconnu DGAC et certifié Qualiopi, propose une préparation au CATS (990 €, 5 jours en visioconférence, 800 QCM d’entraînement) puis des parcours métiers menant aux certifications du Répertoire Spécifique France Compétences (RS6765 BTP, RS6766 média).
Vous visez des missions en catégorie SPECIFIC ? Commencez par valider votre théorique CATS, la clé d’entrée de toute exploitation hors OPEN.
Questions fréquentes sur la SORA
La SORA est-elle obligatoire pour tous les vols professionnels ?
Non. Elle ne concerne que la catégorie SPECIFIC hors STS et PDRA. Si votre opération entre dans un scénario standard (STS-01 ou STS-02), une déclaration suffit, sans SORA complète.
Quel est le rapport entre la SORA et le CATS ?
Le CATS est l’examen théorique d’État qui atteste vos connaissances réglementaires en SPECIFIC. La SORA est la méthode d’analyse de risque que vous appliquerez ensuite, dossier par dossier, pour chaque opération.
Qui valide ma SORA ?
C’est la DGAC qui instruit votre demande d’autorisation d’exploitation à partir du dossier SORA. Le niveau d’exigence dépend directement du SAIL obtenu, de I (le plus simple) à VI.
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