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Diagnostiqueurs immobiliers : le drone pour les états de toiture

📖 10 min de lecture 📝 1 847 mots 🎓 Nos formations

La scène, vous la connaissez. Un pavillon avec un pan de toiture visible depuis la rue, et l’autre, côté jardin, impossible à voir. L’échelle s’arrête à la gouttière. Le vendeur jure que tout a été refait. Et vous, vous tapez une réserve de plus dans le rapport : « partie non visible depuis le sol, non inspectée ». Combien de fois cette année ?

Chaque réserve de ce type affaiblit votre rapport. Chaque montée sur un toit vous expose, physiquement et juridiquement. Le drone répond aux deux problèmes. Encore faut-il voler dans un cadre solide — et c’est précisément là que beaucoup de diagnostiqueurs se font surprendre.

Le drone permet au diagnostiqueur immobilier d’inspecter la totalité d’une toiture — pans cachés, faîtage, noues, solins, souches de cheminée — sans échelle ni nacelle, avec des photos horodatées qui documentent le rapport. La contrepartie : un cadre réglementaire à respecter, le plus souvent la catégorie Spécifique et son scénario STS-01 dès que l’environnement est habité.

Ce que le vol change dans un état de toiture

Depuis le sol, vous voyez au mieux un pan et demi. Depuis le drone, vous voyez tout — et surtout les zones où les désordres commencent réellement :

  • les noues et les solins, premiers points d’infiltration ;
  • les abergements et joints de souche de cheminée ;
  • le faîtage et les rives, côté vent dominant ;
  • les tuiles déplacées ou fissurées sur les pans invisibles depuis la rue.

Le second gain est moins visible mais plus précieux : la traçabilité. Une photo datée, nette, localisée sur le bon pan vaut infiniment mieux qu’une mention « non inspecté » le jour où un acquéreur conteste votre rapport. Vous ne livrez plus une impression, vous livrez une preuve.

Le cadre pour voler en règle

Le règlement européen 2019/947 organise l’usage du drone en trois catégories : Ouverte, Spécifique et Certifiée. Pour vos missions, deux comptent.

La catégorie Ouverte (sous-catégories A1, A2, A3) couvre les vols simples, à l’écart des personnes non impliquées. Pour une maison isolée sur terrain dégagé, elle peut suffire. Mais dès qu’il y a des voisins, des passants ou une parcelle mitoyenne à survoler pour voir le pan opposé, ses limites arrivent très vite.

La catégorie Spécifique est le cadre de travail réaliste du diagnostiqueur. Son scénario standard STS-01 autorise le vol en vue directe, avec un drone de classe C5, y compris en environnement peuplé — autrement dit le lotissement, le centre-bourg, la copropriété. Le STS-02 concerne le vol hors vue avec un drone de classe C6 : vous n’en aurez pratiquement jamais besoin pour une toiture. Pour situer ces notions dans l’ensemble des règles, notre guide de la réglementation drone en France les reprend point par point.

Question Catégorie Ouverte Catégorie Spécifique (STS-01)
Environnement Dégagé, à l’écart des personnes non impliquées Y compris environnement peuplé
Type de vol En vue du télépilote En vue du télépilote (VLOS)
Drone Selon la sous-catégorie A1/A2/A3 Classe C5
Formalités Enregistrement de l’exploitant sur AlphaTango Déclaration d’exploitant, MANEX, examen CATS
Cas type pour un diagnostiqueur Maison isolée, terrain dégagé Lotissement, centre-bourg, copropriété

Voler en Spécifique implique trois obligations concrètes : être déclaré comme exploitant sur AlphaTango, le portail d’enregistrement de la DGAC ; disposer d’un MANEX, le manuel d’exploitation, obligatoire dans cette catégorie ; et avoir réussi l’examen théorique CATS. Ce dernier est un QCM de 40 questions en 1 heure, avec 75 % de bonnes réponses exigées, passé auprès de la DGAC — inscription sur le portail OCEANE, épreuve en centre DSAC. Aucun organisme ne peut vous le vendre « inclus » : c’est un examen d’État, que vous passez vous-même.

Dernier point de calendrier : les anciens scénarios nationaux S1, S2 et S3 ont été supprimés au 1er janvier 2026. Si votre cadre de vol — ou celui d’un sous-traitant — repose encore dessus, il est caduc.

Trois réflexes que nous donnons en formation

Depuis 2014, sur le terrain, nos formateurs constatent que la différence entre une belle photo et un état de toiture exploitable tient à trois habitudes.

1. Volez à la lumière rasante

Une tuile à peine soulevée, un affaissement léger, une fissure fine sur un solin : tout cela se voit tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière frôle le toit et creuse les ombres. À midi, la lumière écrase le relief et le désordre disparaît de la photo. Si vous pouvez choisir votre créneau, choisissez-le pour la lumière, pas pour votre agenda.

2. Le zoom est votre ami, pas la proximité

Restez à distance et travaillez au zoom. Coller le drone au rampant cumule deux risques : le flux d’air des hélices peut achever de desceller un élément déjà fragile, et les turbulences près des murs, des souches et du faîtage rendent la machine instable. Le vent au niveau du faîtage n’a rien à voir avec ce que vous sentez au sol : jaugez-le avant de vous engager au-dessus du toit.

3. Couvrez selon un protocole, pas à l’inspiration

Un passage zénithal, une oblique par orientation, puis les détails : noues, solins, abergements, rives, souches. Classez les photos par pan avant de quitter le site. Le jour où le client rappelle pour un point précis, vous retrouvez l’image en quelques secondes — et vous ne revenez jamais voler « pour une photo manquante ».

L’erreur classique : acheter le drone avant le cadre

Le scénario se répète. Un diagnostiqueur s’équipe d’un drone grand public, réalise quelques missions sans encombre, puis un voisin s’agace ou un donneur d’ordre réclame les documents d’exploitant. Et rien ne tient : pas de déclaration AlphaTango, pas de MANEX, pas de CATS. En usage professionnel, en zone habitée, ce ne sont pas des formalités décoratives : c’est ce qui sépare une prestation défendable d’une pratique à risque. En cas d’incident, c’est votre responsabilité professionnelle qui est engagée — et ce sont précisément ces pièces qui vous seront demandées.

Un petit drone n’est pas un passe-droit : l’usage professionnel et l’environnement de vol pèsent autant que le poids de la machine dans le choix du cadre.

Se former sans mettre votre activité en pause

TELEPILOTE forme des télépilotes professionnels depuis 2014 : plus de 3 000 professionnels formés, plus de 500 entreprises clientes, sur un campus dédié à Marcq, dans les Yvelines — 800 m² de vol indoor et 2 hectares d’évolution extérieure. L’organisme est certifié Qualiopi, avec 95 % de réponses positives sur 8 661 réponses d’évaluation (2017-2026).

Pour un diagnostiqueur, le parcours naturel est la formation drone orientée BTP et inspection du bâti, adossée à la certification RS6765, enregistrée au Répertoire Spécifique de France Compétences — dont TELEPILOTE est le certificateur — et éligible au CPF. Deux formats : 5 jours (35 heures) si vous avez déjà une expérience de pilotage, 10 jours (70 heures) pour partir de zéro. Précision utile : une certification du Répertoire Spécifique atteste une compétence professionnelle ciblée ; elle ne confère pas de niveau de qualification comme un titre du RNCP, et la VAE au sens RNCP ne s’y applique pas.

Côté budget, plusieurs voies existent selon votre statut — CPF, OPCO, plan de développement des compétences. Le détail est sur notre page financer sa formation drone (CPF, OPCO).

Vos questions, telles qu’on les entend en formation

J’ai le droit de survoler le jardin du voisin pour photographier le pan opposé ?

C’est l’une des questions que nous entendons le plus souvent en formation. Dès que le drone évolue au-dessus d’une parcelle tierce en zone habitée, la catégorie Ouverte ne suffit généralement plus : le STS-01 est le scénario prévu pour cet environnement. Ajoutez les réflexes de bon sens : prévenir le voisin, cadrer la toiture et rien d’autre. La vie privée des tiers n’est pas un détail — une caméra qui balaie un jardin occupé peut transformer une mission banale en litige.

Le CATS est-il obligatoire pour des états de toiture au drone ?

Oui, dès que vous exploitez en catégorie Spécifique — donc pour la plupart des interventions en environnement habité. L’examen : QCM de 40 questions, 1 heure, 75 % de bonnes réponses, organisé par la DGAC, inscription via OCEANE et passage en centre DSAC. Il ne peut pas être « inclus » dans une formation, mais on peut vous y préparer sérieusement : c’est l’objet de la préparation à l’examen CATS.

Combien de temps prévoir pour être opérationnel ?

Comptez 5 jours (35 heures) si vous pilotez déjà, 10 jours (70 heures) si vous partez de zéro — des formats pensés pour rester compatibles avec un planning de diagnostiqueur en exercice.

Pour situer ce parcours parmi les autres — audiovisuel, photogrammétrie, thermographie —, l’ensemble est présenté sur la page formations drone. Décrivez-nous vos missions types : on vous dira honnêtement quel cadre et quel format correspondent à votre pratique.

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